ÉCRITURES > ET TOUT CE QU'IL RESTE D'ESPOIR DANSERA SUR LE CHANT DES OISEAUX



Et tout ce qu'il reste d'espoir dansera sur le chant des oiseaux

Roman
État : En cours d'écriture
Année : 2023
© Donatien Leroy

INTRODUCTION

L'idée de départ est de revisiter le roman d'aventures. Le récit aura un rythme très soutenu, sans fioritures.
Les événements se passent dans un village situé au milieu d'une forêt, planté par un homme seul des décennies auparavant.
Le reste du monde est un vaste désert et les populations ont migré vers le nord.
Dans cette forêt, on retrouvera l'Ancien en proie aux doutes, un prédicateur venu d'ailleurs, deux enfants qui s'aiment, une femme qui meurt en couches, le feu, le vent, les arbres, le sang, les larmes, la sueur... Des hommes et des femmes.






ÉPIGRAPHE

[...] Nous sommes venus jusqu’ici car là où nous étions ce n’était plus possible.
On nous tourmentait et on allait nous asservir.
Le monde, de nos jours, est hostile aux Transparents.
Une fois de plus il a fallu partir… Et ce chemin, qui ressemblait à un long squelette, nous a conduits à un pays qui n’avait que son souffle pour escalader l’avenir. [...]

René Char, La Postérité du soleil, Éd. Gallimard 2009



PREMIÈRE PAGE

— Respire. Respire.

— Grand-Père, tu m’as promis qu’on irait voir le bord du ciel.

— Oui, c’est bien. Comme ça. Respire.

L’ancien ouvrit les yeux. Il regarda l’enfant. Il essuya son vieux front dégoulinant de sueur. Il opina du chef.
L’enfant sourit.

— J’ai tellement mal.
— Respire.
Elena prit la main de Sofia. La main était brûlante. La main était raide. Elle voulut la relâcher. Elle se tourna vers Milena et leva un regard aussi impuissant que celui d’une femme sur l’homme qui la quitte.

— Tu me racontes une histoire du monde d’avant, Grand-Père ?
Sur l’étroit sentier qui osait crever la forêt, le vieil Aleksandr, la démarche lourde et usée, suivait l’enfant blond avec peine.
— Encore faudrait-il que tu m’attendes, Leni, pour entendre mon histoire.

— Tout va bien se passer. Respire.
La douleur balançait des coups aussi rageurs qu’un marteau sur une pointe mal engagée. Elle réduisait le corps de Sofia. Il se contractait encore, il se rétractait, il s’engouffrait en lui-même.
— Où est Hector ?

Leni se retourna et attendit l’ancien. L’enfant releva son chapeau de paille et promena ses yeux sur les arbres avec la folle envie d’y grimper.
— Allez, raconte.
— Le monde d’avant, hein ? Sois heureux de ne jamais le connaître. Je me demande pourquoi tu veux tout savoir de cet enfer.
L’enfant se contenta d’hausser les épaules en lançant un bref sifflement. Il n’avait pas de raison valable à donner.